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24 mai, 2007

Article sur : La littérature

Classé dans : Non classé — nailinassima @ 16:35
La littérature est art et langage : c’est un système esthétique — le texte — impliquant un registre rhétorique de genres, de styles ou de figures et un régime socio-historique — l’archi-texte — impliquant un récit constitutionnel (ou un parcours), qui inclut lui-même un discours institutionnel. Qui dit art dit technique; qui dit langage dit grammaire; qui dit technique et grammaire dit tekhnê : poiêsis et physis. Le système esthétique fait de la littérature un art; le régime socio-historique en fait un métier : la littérature devient un art quand les artisans deviennent des artistes; mais c’est l’origine de l’(oeuvre d’)art qui est l’origine des artistes.Martin Heidegger : «L’origine de l’oeuvre d’art» dans Chemins qui ne mènent nulle part.Sans admettre qu’il faille parler d’art chez les Grecs ou chez les Égyptiens et surtout avant (aux temps préhistoriques), il faut mentionner que pour les Grecs de l’Antiquité, la poésie est une technique qui s’accompagne de musique; seule la poésie est un « art », qu’elle prenne la forme du poème ou de la tragédie, du dithyrambe ou de l’épopée. La poésie et la musique — et la poésie est une sorte de musique chantée, de chant — sont à l’âme ce que la gymnastique est au corps. Quand Platon parle d’expulser les poètes de la Cité, c’est parce qu’ils ne sont pas assez « artistes », c’est-à-dire pas assez philosophes — et peut-être pas assez athlètes (dans leur imitation)

Au Moyen-Âge, la poésie continue de dominer et elle gagne même d’autres formes comme le roman; mais c’est seulement à la Renaissance, au moment où l’artiste remplace l’artisan et où l’écrivain devient un artiste, que la littérature accède à l’art, sous la poussée même du roman; elle résulte de la rencontre de la graphie et de la typographie, de l’écriture et du livre, livre qui avait pourtant précédé l’invention de l’imprimerie. Cela veut dire qu’il n’y a pas vraiment de littérature orale, mais une littérature écrite d’expression orale (au Moyen-Âge).Le terme « littérature »

Le terme « littérature » n’a pas toujours eu la même signification que l’on lui (re)connaît aujourd’hui :
1°) Au XVIe siècle, « littérature » veut dire « culture », culture du lettré : érudition; c’est la connaissance des lettres mais aussi des sciences; c’est une somme de lectures. Ainsi, dit-on à l’époque, « avoir de la littérature » : c’est un avoir.2°) Au XVIIIe siècle, « littérature » désigne la condition de l’écrivain, soit :a) le monde des lettres;

b) la carrière des lettres;

c) l’industrie des lettres.

C’est un devenir : le devenir-artiste de l’écrivain.

3°) À partir du XIXe siècle, « littérature » devient plus ou moins synonyme de « belles-lettres » (les lettres et les humanités par rapport aux sciences qui s’autonomisent) :

a) c’est l’art de l’expression intellectuelle (éloquence, poésie);

b) c’est l’art d’écrire des oeuvres qui durent;

c) c’est l’art d’écrire par rapport aux autres arts;

d) c’est l’art d’écrire par rapport aux autres techniques d’écriture (théologie, philosophie, science, etc.).

D’une part, c’est une activité (une existence technique); d’autre part, c’est un être (une essence esthétique) plutôt qu’un état (la condition ou la qualité de l’homme de lettres en sa culture et en son érudition). La littérature se trouve alors réduite à l’écriture, voire à l’écriture de fiction (depuis la Révolution française) et, de plus en plus, à la fiction romanesque.

4°) Au XXe siècle, Escarpit considère que la littérature est l’ensemble de la production littéraire incluant les faits littéraires : c’est donc un objet d’étude, un corpus d’oeuvres consacrées, c’est-à-dire enseignées par les intellectuels, professeurs ou autres (selon Barthes).

L’HISTOIRE LITTÉRAIRE 

Pendant très longtemps, les études littéraires se sont confondues avec l’histoire littéraire, celle-ci consistant à raconter après coup ce qu’elle considère être la littérature, à en faire l’historique; en France, après la Révolution, l’histoire littéraire s’est affairée à constituer un ensemble d’écrits en littérature nationale et la littérature en un art, en établissant un corpus d’oeuvres connus et de chefs-d’oeuvre reconnus, selon divers critères :1°) la langue écrite : le français et non d’autres langues parlées sur le territoire français;2°) l’époque : le Moyen-Âge, la Renaissance, le Classicisme et les Lumières avant la Révolution et la Modernité depuis;

3°) l’école (ou le courant);

4°) le genre : la non-fiction et la fiction, le poème et le roman ou les autres formes romanesques (nouvelle, conte), la pièce de théâtre, les écrits intimes ou autobiographiques, etc.;

5°) le style : variable d’une oeuvre ou d’un auteur à l’autre;

6°) l’auteur lui-même : sa vie et son oeuvre.

 

L’histoire littéraire cherche, à travers ces différents critères, à établir un répertoire d’oeuvres et un palmarès d’auteurs; elle fait donc l’inventaire ou la nomenclature des oeuvres et elle opère des classements : elle classe en tendances, en courants, en écoles, en genres, en styles, en thèmes, en influences, etc. Pour l’histoire littéraire, l’objet des études littéraires, c’est le corpus à constituer ou à reconstituer, à instituer, à ficher dans les annales et les archives et dont il faut rendre compte dans des bibliographies et des monographies ou dans des anthologies et des manuels. Pour l’histoire littéraire, la littérature est d’abord et avant tout ce qui se retrouve à la bibliothèque ou ce qui doit s’y retrouver; c’est là qu’on la cherche et qu’on la trouve
 Réf :
D’aprés André Kibédi-Varga et al. Théorie de la littérature.
Sité : www.ucs.mun.ca

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